Paroles de propriétaires : L'exigence du pilote, la liberté du marin
Rencontre avec Georges Weiss, propriétaire d’un Tricat 30 après avoir navigué sur un Tricat 25. Ancien pilote de chasse embarqué puis pilote de ligne, cet ex-officier de marine applique son exigence professionnelle à sa passion pour la voile. Entre recherche de performance, sécurité absolue et une relation humaine forte avec le chantier, il nous livre son retour d’expérience.
Le profil : L'exigence au service de la mer
Façonné par 40 ans de carrière aéronautique, 20 ans comme pilote de chasse sur porte-avions et 20 ans comme pilote de ligne, Georges se définit lui-même comme « exigeant, voire perfectionniste ». Ce profil technique influence directement sa manière de naviguer : audacieuse mais toujours prévoyante.
Amoureux de la voile depuis l'enfance, il cherchait un voilier capable de répondre à un cahier des charges précis : « un bateau amusant, rapide, sûr, bien conçu et construit par de vrais marins ». Après un Tricat 25 gardé 5 ans, il passe au Tricat 30 en mai 2024.
Le grand bain : Convoyage avec Antoine Houdet
Tout a commencé par : le convoyage de son T30. Une aventure de 11 jours pour relier le Golfe du Morbihan à Alicante. Pour cette première grande traversée, Georges était bien entouré : un très bon ami et, surtout, Antoine Houdet, le créateur du chantier lui-même.
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Ce voyage reste son souvenir le plus marquant. L'équipage a dû affronter le Golfe de Gascogne dans des conditions de mer difficile.
« C'était la totale : plus de 4 mètres de creux, du vent... C'était sportif, on était à fond ! » raconte Georges.
Le verdict du chronomètre est sans appel et illustre le potentiel du bateau :
Golfe de Gascogne : Traversé en moins de 48h (29-30 mai 2024) à plus de 10 nœuds de moyenne.
Cap Finisterre & La Corogne : en moins de 10h à plus de 13 nœuds de moyenne.
"Action, Réaction" : Des sensations à bord
Ce que Georges apprécie par-dessus tout sur son trimaran, c'est la finesse de barre et la réactivité immédiate. « C’est action-réaction », résume-t-il. « Au moindre changement de réglage, le bateau répond. C'est particulièrement satisfaisant : tout est stable, rapide et très fin. »
Le Tricat sait aussi se montrer doux. Lors des croisières avec son épouse vers la Corse, le bateau change de visage : « C’est un autre plaisir, plus confortable, mais toujours avec cette capacité à "manger des milles" sans forcer. »

4000 milles nautiques parcourus en moins de 15 mois de détention. Un rythme effréné qui témoigne d'une confiance absolue en son trimaran.
Au-delà de la vitesse, ces 4000 milles sont ponctués d'événements qui auraient pu refroidir des marins moins aguerris, mais qui, chez Georges, renforcent l'amour de son bateau.
Il se souvient particulièrement du passage du Cap Trafalgar et du détroit de Gibraltar en juin 2024. Alors qu'ils filaient à plus de 8 nœuds de moyenne, l'adrénaline est montée d'un cran : une attaque d'orques sur un voilier a été signalée à seulement 2 milles nautiques de leur position, juste devant le port de Barbate. Le Tricat, rapide et agile, a tracé sa route, prêt à remonter safran et dérives !
Autre anecdote : un convoyage "éclair" de Banyuls à La Grande Motte en avril 2025. Une seule journée de navigation, mais quelle journée ! Météo changeante, orages... Georges a dû déployer toute la garde robe du bateau.
« Toutes les configurations de voiles ont été utilisées, sauf le 4ème ris et le tourmentin. Et toutes les allures, sauf le moteur ! » plaisante-t-il.
L'épreuve du feu : 55 nœuds dans les voiles
Si Georges qualifie le Tricat de « bateau sain », ce n'est pas une formule en l'air. Il raconte une anecdote impressionnante vécue avec son fils aîné qui prouve la robustesse du multicoque :
« Une fois, nous naviguions assez vite avec beaucoup de vent, et nous nous sommes pris une énorme rafale. Nous avons à peine eu le temps d'affaler. Pendant 15 minutes, nous avons subi 55 nœuds de vent ! Mon fils était allongé sur le foc pour le tenir, moi à la barre sous le vent... et le bateau s'est super bien comporté. C'est là qu'on voit que c'est du costaud. On peut naviguer de manière hyper sécurisée. »

Une gestion de la navigation "façon solitaire"
Même lorsqu'il navigue en équipage, Georges garde ses réflexes de pilote et gère le bord comme un solitaire. Sa philosophie est radicale : « Je navigue comme les coureurs au large. Je fais des tranches de 20 minutes de sommeil, jamais plus. C'est mon mode de fonctionnement. »
Pour tenir ce rythme, il a suréquipé son bateau pour une autonomie totale et une sécurité maximale : double réflecteurs radar, AIS actif et réceptif, et surtout un pilote automatique de compétition conseillé par le chantier. « Je ne barre jamais », avoue-t-il. « Je préfère donner un cap au pilote et me concentrer sur le réglage des voiles. Mon bateau est vraiment armé pour ça. »
Une relation unique avec le chantier : La co-construction
Pour Georges, l'achat d'un Tricat dépasse la simple transaction ; c'est une aventure humaine. « C’est une entreprise humaine. J'ai une confiance et une estime totale pour l'équipe » explique-t-il.
Son implication a été totale : durant la construction de son T30, il a passé une semaine par mois pendant 6 mois directement au chantier à travailler avec l'équipe.
« Pendant 6 mois, j'ai passé une semaine par mois au chantier à Plescop. Je faisais mes modifications moi-même avec les gars, j'ai adoré cette expérience. »
C'est cette flexibilité qui distingue Tricat à ses yeux. Il a pu personnaliser son voilier en profondeur, bénéficiant des conseils "ingénieux" de Julien et de l'écoute d'Antoine.
Cette transparence se retrouve même dans les petits détails à améliorer. Perfectionniste, Georges confie qu'il réfléchit encore à optimiser son système de gréement de trinquette, la seule option dont il n'est pas encore 100% satisfait pour ses manœuvres en solo.

Le mot de la fin
Aujourd'hui, pour Georges, la navigation est un « mode de vie en harmonie avec la Nature ». Son Tricat 30 lui permet d'alterner entre des traversées sportives seul ou entre amis et des croisières plus douces comme en Corse avec son épouse.
Son conseil aux futurs propriétaires ?
« Allez les voir ! Ce ne sont pas seulement des gens sympas, ce sont de vrais marins professionnels qui construiront le meilleur bateau dont vous puissiez rêver.
faites confiance à Julien, FX et Antoine. »
prochaines navigations : Sardaigne, Sicile et Malte.

